@Egon Ce que tu as subi là c'est pas juste de la drague... Ce mec cherchait une fille à embêter, tu as eu la malchance de croiser sa route, mais ça n'a rien à voir avec toi en particulier ni avec ton look ce soir-là, ni avec ton attitude face à lui, ni même avec le lieu ou l'horaire.
Oui, c'est dingue de se faire ennuyer juste parce que t'es une meuf. C'est honteux pour toute l'humanité, c'est lamentable. Mais moi ce que je trouve aussi dommage c'est la conclusion que tu tires de cette mésaventure.
Je m'explique en isolant les parties factuelles de ton récit :
@Egon a dit dans Les trucs insupportables :
y a un type qui se dirige vers moi et qui commence à me parler.
il me demande si c'est mon vélo et je lui dis que oui.
il commence à me taper la causette en me demandant où je bosse, mon âge, mon prénom, etc.
[je n'ai] pas envie de parler avec un parfait inconnu
Si ton anecdote s'était arrêtée là, j'aurais pu comprendre que tu conclues "en rentrant le soir du centre ville, c'est fou le nombre de fois où des gens viennent te prendre la tête."
Mais ça ne s'arrête pas là. Et puisque tu avais déjà signifié à cet homme que tu ne voulais pas lui parler, tout le reste ce n'est plus une simple drague relou-ratée, c'est de l'ordre de l'agression :
@Egon a dit dans Les trucs insupportables :
Sauf que le mec met sa main sur mon vélo pour éviter que je parte.
il me dit qu'il veut un bisou, ce à quoi je réponds évidemment non, il me retient en me prenant la main.
il voulait pas me lâcher la main et il insistait.
c'était carrément me bloquer toute retraite en s'accrochant à mon vélo puis à ma main.
Si la situation a dégénéré, ce n'est pas parce que c'était le soir et le centre-ville, ou parce que tu as levé la tête quand ce mec t'a adressé la parole au départ. C'est uniquement parce que ce type est un porc et qu'il ne t'a pas respectée. Il est le seul fautif, il savait pertinemment que tu ne voulais pas parler avec lui, donc il a sciemment cherché à te nuire.
Je ne dis pas qu'il faut être traumatisée. Je remarque juste que les mentalités de tous sont dures à changer. Parce que la fréquence de ce genre d'histoires est tellement énorme, que les hommes pensent parfois qu'on exagère, et les femmes, par ricochet, ont tendance à relativiser. Par exemple, toi tu conclus par la réflexion que c'est ouf qu'un mec t'embête "quand t'es crado du taf et que t'as une sale tronche". Mais là c'est pas un mec sain d'esprit dont on parle, c'est d'un déséquilibré. Ya pas à essayer de rationaliser en mode "si j'avais été bien sapée et souriante, j'aurais compris".
Voilà, on le fait toutes tout le temps ça, et c'est ça qui est ouf. On est tellement habituées à ces mésaventures qu'on les relativise, on se dit que bof c'est gênant mais ça va, je suis bien rentrée chez moi. "Nan mais il m'a juste mis une main aux fesses, c'est pas comme s'il m'avait violée".
Enfin je vais pas refaire l'article #balance et #metoo, mais je voulais juste réagir parce que j'aimerais vraiment pas que ça te traverse l'esprit que tu as une quelconque part de culpabilité à avoir. T'as le droit de te balader dans la rue à 2h du mat, que tu sois en crop top et mini short ou en uniforme de pompier. Et personne n'a le droit de t'empêcher de partir en te retenant par la main ou n'importe quelle autre contrainte physique.
... Il manque une autre indication importante : les avions ne volent que sur le bleu.





(ils avaient rouvert, ils ont re-fermé, et c'est clairement lié à l'épidémie), j'avoue que ça m'a bien calmée. Je vois pas comment je pourrais aller dans un autre cinéma en étant sereine maintenant.
