Ça fait maintenant 4 ans que je suis à la retraite.
Mais avant, j'ai un peu tout fait à l'envers.
Après un bac D ( sciences ), je suis entrée à Jussieu pour préparer DEUG (c'était tout nouveau ) sciences de la nature et de la vie. Ça a été horrible. Le train, le métro, le resto U ...
Au bout de 6 mois, j'avais perdu 6 kg. J'ai dit à mes parents que je voulais habiter à la campagne et travailler avec les enfants ( j'avais une expérience d'animatrice de colo ).
Je me suis donc retrouvée instit suppléante dans l'enseignement privé du Gers.
Pendant plusieurs années j'ai sillonné le Gers ( au début en cyclo, puis en 4L ) et préparé le certificat pédagogique.
Sitôt titulaire, il a été question d'ouvrir une Classe d'adaptation ouverte. J'avais toujours trouvé qu'on ne servait pas à grand chose pour les enfants qui n'éprouvaient aucune difficulté à apprendre, j'ai donc postulé, et comme il n'y avait pas d'autre volontaire...
Je me suis donc retrouvée en formation discontinue pour passer le CAEI ( qui a été remplacé par le CAPSAIS, puis le CAPASH, puis encore un autre truc dont j'ai oublié le nom.)
Pendant tout ce temps, je continuais l’animation en centres de vacances l'été et la formation des stages BAFA pendant les petites vacances . J'ai fait ça pendant 14 ans et j'ai adoré !
Puis, j'ai rencontré le père de mes enfants, et comme j'avais déjà 34 ans, on n'a pas tardé à faire deux merveilleux enfants, à 16 mois d'intervalle, qui ont évidemment pris une grande place dans ma vie et dans mon temps. J'ai donc cessé l'animation.
Quelques années plus tard, les instits sont devenus prof des écoles. j'ai décidé de ne pas attendre de passer à l'ancienneté ( le fait de ne pas être passée par la formation initiale me pénalisait ) et de passer le concours. Comme je suis incapable de bachoter, j'ai préféré passer un équivalent du DEUG qui permettait au Mirail, avec examen complémentaire, de passer en licence de Sciences de l'éducation.
J'ai passé les UV, l'examen complémentaire et réussi le concours la même année.
Le travail que j'avais fourni, couplé à la naissance des RASED dans le public ont généré chez moi une insatisfaction professionnelle, pour la première fois.
j'ai contacté mes collègues qui occupait le même poste que moi dans le département et nous avons décidé de créer un réseau qui couvrirait toutes nos écoles dans le département. J'ai été la première à sauter le pas : Je ne travaillais plus qu'à mi temps dans mon école de l'Isle jourdain et partageais le mi temps restant entre Samatan et Gimont.
En même temps, je me suis inscrite dans le cadre de la formation continue à la préparation de la licence en deux ans.
Mais la licence de sciences de l'éducation est très axée sur la recherche, j'ai donc passé la maîtrise en deux ans, puis le DEA en deux ans, avec cette fois 6 mois de congé formation pour préparer le mémoire, que j'ai soutenu en septembre.
En janvier suivant, mon compagnon est décédé brusquement, je ne me suis donc pas posé la question de continuer ou pas.
Mais ce parcours à la fois linéaire ( j'ai travaillé 40 ans dans mon école de rattachement ) et chaotique m'a permis de travailler avec passion jusqu'à la fin.
Je suis parfois appelée pour assurer une animation ( danse gasconnes ) ou accompagner un voyage scolaire et je fais partie d'une association qui scolarise les enfants malades où j'ai accompagné un enfant autiste dans son apprentissage de la lecture.
Si je me relance dans une formation longue, ce sera pour maîtriser la langue gasconne. En attendant, je fais des stages de chant et de danse.
On n'a jamais fini d'apprendre ...